Qui peut injecter du Botox en France ?
Toxine botulique à visée esthétique : médecins, infirmiers, esthéticiennes… Qui a légalement le droit d’injecter, ce que dit la loi, et ce que vous risquez en cas d’injection illégale.
En France, la toxine botulique (Botox) est un médicament sur prescription ; son injection à visée esthétique est un acte médical réservé aux médecins qualifiés et habilités — pas à tout médecin, ni à un non-médecin. La pratiquer sans cette qualification constitue un exercice illégal de la médecine.

La question revient en permanence — d’autant plus avec les débats du PLFSS 2026 et la multiplication des « fausses injectrices ». Faisons le point, clairement et sources officielles à l’appui, sur qui peut injecter de la toxine botulique à visée esthétique en France.
Le Botox est un médicament sur prescription
La toxine botulique de type A est un médicament soumis à prescription médicale obligatoire (liste I). Cinq spécialités disposent d’une AMM à usage esthétique en France : Vistabel®, Azzalure®, Bocouture®, Letybo® et Alluzience®, dispensées en officine uniquement sur ordonnance d’un médecin. La prescription est donc, à elle seule, déjà réservée aux médecins.
Un acte médical réservé aux médecins qualifiés
L’injection de toxine botulique à visée esthétique est un acte médical. L’Assurance Maladie (ameli.fr) indique que « seuls des médecins qualifiés habilités ont l’autorisation de prescrire et de pratiquer des injections de toxine botulique », et cite notamment les dermatologues, ophtalmologues, chirurgiens plasticiens, chirurgiens de la face et du cou et maxillo-faciaux.
En pratique, des médecins formés à la médecine esthétique — y compris des généralistes titulaires d’un DIU/DU — réalisent également ces actes. Le médecin reste tenu, déontologiquement, de ne pratiquer que les actes pour lesquels il est compétent (art. R.4127-70 du Code de la santé publique). C’est précisément cet encadrement de la qualification que le PLFSS 2026 vient renforcer.
Qui peut, qui ne peut pas : le tableau
| Profession | Injection de Botox esthétique |
|---|---|
| Médecin qualifié et habilité (dermatologue, chirurgien, médecin formé à la médecine esthétique…) | ✅ Autorisé |
| Chirurgien-dentiste | ⚠️ Champ bucco-dentaire uniquement, pas l’esthétique du visage |
| Sage-femme | ❌ Non autorisé |
| Infirmier(ère) | ❌ Non (pas d’injection esthétique de toxine de sa propre initiative) |
| Esthéticien(ne) | ❌ Interdit — exercice illégal |
| « Injectrice » / non-médecin | ❌ Interdit — exercice illégal |
Un infirmier peut-il injecter du Botox ?
Non. Un infirmier réalise des injections sur prescription dans un cadre thérapeutique, au titre de son rôle. Mais l’injection esthétique de toxine botulique relève de l’acte médical : un IDE n’est pas habilité à la pratiquer de sa propre initiative.
Une esthéticienne peut-elle faire des injections ?
Non. Les esthéticiennes ne sont pas des professionnels de santé et n’ont aucun droit d’injecter un médicament. Les « injectrices » qui proposent du Botox ou de l’acide hyaluronique en institut, à domicile ou via les réseaux sociaux sont en exercice illégal de la médecine.
Quelle formation pour injecter légalement ?
La médecine esthétique n’est pas une spécialité reconnue au sens du Code de la santé publique. Mais le médecin doit être formé avant de pratiquer. Les voies reconnues sont le DIU/DU de médecine esthétique, le DIUME et la formation continue (DPC) — voir nos formations & congrès.
Le PLFSS 2026 prévoit d’instaurer une autorisation préalable pour pratiquer ces actes. Dans la version adoptée par le Sénat, cette autorisation serait confiée à l’Ordre des médecins, selon des conditions de qualification, de formation et d’expérience fixées par décret.
Que risque-t-on en cas d’injection illégale ?
Pour l’auteur non-médecin, l’exercice illégal de la médecine (art. L.4161-1 et L.4161-5 du Code de la santé publique) est puni de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende — et jusqu’à 5 ans et 75 000 € lorsque l’infraction est commise via un service de communication en ligne (réseaux sociaux). Pour le patient, le danger est réel : infections, nécroses cutanées, occlusions vasculaires, et plusieurs cas graves de botulisme liés à des injections illégales signalés par l’ANSM en 2024-2025.
L’UME-SML signale systématiquement ces dérives à l’Ordre et au procureur, et accompagne ses adhérents dans ces démarches.
Questions fréquentes
Un dentiste peut-il injecter du Botox ?
Uniquement dans son champ de compétence bucco-dentaire (par ex. à visée thérapeutique), pas pour l’esthétique du visage, qui relève du médecin.
Une sage-femme peut-elle injecter du Botox ?
Non. L’injection esthétique de toxine botulique ne fait pas partie des compétences de la sage-femme.
Peut-on injecter du Botox sans être dermatologue ?
La loi réserve l’acte aux médecins qualifiés et habilités. L’Assurance Maladie cite les dermatologues, ophtalmologues et chirurgiens, mais des médecins formés à la médecine esthétique (dont des généralistes, via un DIU/DU) la pratiquent aussi. Le PLFSS 2026 vise à préciser ces conditions.
Où se former pour pratiquer légalement ?
Via un DIU/DU de médecine esthétique, le DIUME et le DPC. Voir nos formations & congrès.
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Adhérer à l’UME-SMLCet article présente le cadre réglementaire à titre informatif (à jour : juin 2026) et ne constitue pas un avis juridique individuel. Le cadre est susceptible d’évoluer avec l’adoption définitive du PLFSS 2026 et ses décrets d’application.