Exercice illégal de la médecine esthétique
« Fausses injectrices », instituts qui injectent… Que dit la loi, que risquent les auteurs, et comment signaler ces pratiques dangereuses ?
Pratiquer des actes de médecine esthétique sans la qualification requise constitue un exercice illégal de la médecine (art. L.4161-1 du Code de la santé publique), passible de 2 ans de prison et 30 000 € d’amende — jusqu’à 5 ans et 75 000 € en cas de circonstances aggravantes. Les faits peuvent être signalés à l’Ordre et au procureur.

Qu’est-ce que l’exercice illégal de la médecine ?
Selon l’article L.4161-1 du Code de la santé publique, exerce illégalement la médecine toute personne qui pratique des actes médicaux (diagnostic, traitement, actes d’une nomenclature) sans être titulaire des diplômes requis et inscrite à l’Ordre. Les injections esthétiques de toxine botulique et d’acide hyaluronique, les peelings médicaux ou les lasers à visée médicale en font partie.
Qui est concerné ?
Sont notamment en exercice illégal : les esthéticiennes et « injectrices » qui réalisent des injections, les instituts qui proposent ces actes, mais aussi toute personne non médecin qui les pratique. La complicité (mise à disposition de locaux, de produits, publicité) est également sanctionnée. Voir « Qui peut injecter du Botox ? ».
Les sanctions encourues
L’article L.4161-5 du Code de la santé publique prévoit 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende. Lorsque l’infraction est commise via un service de communication au public en ligne (réseaux sociaux, sites), les peines sont portées à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. Des peines complémentaires sont possibles (interdiction d’exercer, fermeture, confiscation).
Un danger réel pour les patients
Au-delà du cadre pénal, ces pratiques exposent les patients à des complications graves : infections, nécroses cutanées, occlusions vasculaires, et plusieurs cas de botulisme liés à des injections illégales ont été signalés par l’ANSM en 2024-2025.
Comment signaler une pratique illégale ?
Toute personne peut signaler une pratique suspecte :
- au conseil départemental de l’Ordre des médecins ;
- à l’Agence Régionale de Santé (ARS) ;
- au procureur de la République (plainte).
L’UME-SML accompagne ses adhérents dans ces démarches et signale systématiquement les cas portés à sa connaissance.
Questions fréquentes
Que risque une esthéticienne qui injecte du Botox ?
Jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende pour exercice illégal de la médecine, et 5 ans / 75 000 € si l’activité est promue en ligne.
Comment signaler une « fausse injectrice » ?
En alertant le conseil départemental de l’Ordre des médecins, l’ARS et/ou en déposant plainte auprès du procureur de la République.
Le client d’une injectrice illégale risque-t-il quelque chose ?
Le client n’est pas poursuivi, mais il s’expose à des complications médicales graves et ne bénéficie d’aucune garantie ni assurance.
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Adhérer à l’UME-SMLCet article est fourni à titre informatif (à jour : juin 2026) et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou médical individuel. Le cadre applicable est susceptible d’évoluer.