En bref

La France ne tient aucun registre national des praticiens de médecine esthétique. Les repères les plus solides sont ceux de l’Ordre des médecins : environ 3 700 dermatologues, 1 000 chirurgiens plasticiens et près de 2 millions de patients pris en charge chaque année, dont 1,2 million pour des injections. Les autres chiffres restent des estimations.

Les chiffres n’ont de valeur que lorsqu’ils sont fiables, transparents et interprétés avec rigueur.
Graphique de données
Cartographier et mesurer une discipline encore mal documentée.

La médecine esthétique occupe une place importante dans le paysage médical français. Elle demeure pourtant l’une des disciplines les moins bien documentées. Combien de médecins exercent réellement cette activité ? Quelle part de leur exercice y consacrent-ils ? Quels sont les actes les plus pratiqués ? À ces questions, il n’existe pas encore de réponses pleinement consolidées.

Repères chiffrés et niveaux de fiabilité

Avertissement méthodologique. La France ne dispose d’aucun registre national des praticiens de médecine esthétique. Cette activité ne correspond à aucun acte remboursé : elle n’est donc pas comptabilisée par l’Assurance maladie. Les repères ci-dessous croisent des données institutionnelles (Ordre des médecins) et des estimations professionnelles (syndicats, sociétés savantes). Plusieurs sont, par nature, des ordres de grandeur.
IndicateurRepère chiffréSourceFiabilité
Médecins en activité en France≈ 237 300CNOM, Atlas 2024★★★★★
Médecins généralistes≈ 101 000CNOM, Atlas 2024★★★★★
Dermatologues-vénéréologues≈ 3 700CNOM, Atlas 2024★★★★★
Chirurgiens plasticiens≈ 1 000CNOM, Atlas 2024★★★★☆
Patients pris en charge chaque année (au moins un acte esthétique)≈ 2 millions, dont ≈ 1,2 million pour des injections (acide hyaluronique ou toxine botulique)Bulletin du CNOM, janv. 2025★★★☆☆
Médecins généralistes pratiquant la médecine esthétique≈ 1 500, dont ≈ 500 à titre principalEstimation SNME★★☆☆☆
Médecins ayant une activité esthétique régulière (toutes spécialités)de ≈ 2 800 (estimation basse) à ≈ 5 000 (estimation large)SNME / CNOM★★☆☆☆
Part des dermatologues réalisant des actes esthétiquesune majorité en pratiquent : pour 64 % d’entre eux, moins de 10 % de l’activité ; ≈ 5 % à titre principalÉtude SNDV★★★☆☆
Médecins titulaires d’un DU/DIU de médecine esthétiqueplusieurs centaines à quelques milliers (cumul ; aucun registre)Estimation★☆☆☆☆

Lecture de l’indice de fiabilité. ★★★★★ et ★★★★☆ : donnée institutionnelle (Ordre des médecins). ★★★☆☆ : source professionnelle concordante. ★★☆☆☆ : estimation à consolider. ★☆☆☆☆ : estimation exploratoire, à interpréter avec prudence.

Pourquoi des estimations ?

L’absence de registre national spécifique ne permet pas de connaître avec précision le nombre de médecins exerçant réellement la médecine esthétique, la part de leur activité qui y est consacrée, leurs parcours de formation ni la répartition des techniques pratiquées.

Deux ensembles de chiffres coexistent et divergent : une estimation basse, portée par les syndicats de la discipline, et une estimation plus large, citée par l’Ordre des médecins lorsqu’on additionne toutes les spécialités. Cette divergence elle-même illustre le besoin d’un système d’observation partagé.

L’un des objectifs de l’Observatoire de la médecine esthétique est précisément de contribuer à améliorer progressivement la qualité, la transparence et la comparabilité de ces données.

Une exigence de transparence

L’absence de données homogènes ne doit pas conduire à renoncer à mesurer : elle impose au contraire davantage de rigueur. L’UME défend une approche fondée sur des méthodes explicites, des sources identifiées et une lecture critique des résultats. Toute donnée mérite d’être replacée dans son contexte, confrontée à d’autres sources et interprétée avec prudence.

Mieux mesurer, c’est mieux comprendre ; mieux comprendre, c’est mieux décider.

Sources

Données arrêtées en juin 2026. Cette page sera actualisée au fil des travaux de l’Observatoire.

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