En bref

La médecine esthétique n’est pas une spécialité réservée : elle peut être pratiquée par tout médecin inscrit à l’Ordre, à condition d’être formé et compétent pour les actes réalisés (devoir de compétence, art. R.4127-70). L’encadrement de la profession se renforce, notamment via le PLFSS 2026.

Médecin en consultation
La médecine esthétique est ouverte à tout médecin formé et compétent.

Qu’est-ce que la médecine esthétique ?

La médecine esthétique regroupe les actes médicaux non chirurgicaux visant à améliorer l’apparence : injections de toxine botulique et d’acide hyaluronique, peelings, mésothérapie, lasers et lumières, traitements des graisses, fils tenseurs… À la différence de la chirurgie esthétique, ces actes ne nécessitent ni bloc opératoire ni anesthésie générale, mais ils restent des actes médicaux à part entière.

Une activité réservée aux médecins

Ces actes sont réservés aux docteurs en médecine inscrits au tableau de l’Ordre. L’Assurance Maladie rappelle que seuls des médecins qualifiés et habilités peuvent prescrire et pratiquer, par exemple, les injections de toxine botulique. Le médecin est par ailleurs tenu, déontologiquement, de ne réaliser que les actes pour lesquels il dispose de la compétence (art. R.4127-70 du Code de la santé publique).

Pour le détail des injectables, voir notre article « Qui peut injecter du Botox en France ? ».

Faut-il une spécialité particulière ?

Non. La médecine esthétique n’est pas une spécialité médicale reconnue au sens du Code de la santé publique. Tout médecin — y compris un généraliste — peut donc l’exercer, à condition d’être formé : DIU/DU de médecine esthétique, DIUME, et formation continue (DPC). Voir nos formations & congrès.

Infirmiers, esthéticiennes : que dit la loi ?

Les esthéticiennes ne sont pas des professionnels de santé : elles ne peuvent réaliser aucun acte médical (injections, peelings médicaux, lasers à visée médicale). Les infirmiers agissent sur prescription dans un cadre thérapeutique, mais ne sont pas habilités à pratiquer ces actes esthétiques de leur propre initiative. Les « injectrices » qui proposent ces prestations en institut, à domicile ou via les réseaux sociaux sont en exercice illégal.

Vers un encadrement renforcé (PLFSS 2026)

Le PLFSS 2026 prévoit d’instaurer une autorisation préalable pour pratiquer ces actes. Dans la version adoptée par le Sénat, cette autorisation serait confiée à l’Ordre des médecins, selon des conditions de qualification, de formation et d’expérience fixées par décret. L’UME-SML suit ce dossier de près sur sa page Réglementation.

Exercice illégal : les sanctions

L’exercice illégal de la médecine (art. L.4161-1 et L.4161-5 du Code de la santé publique) est puni de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende, portés à 5 ans et 75 000 € lorsque l’infraction est commise via un service de communication en ligne. L’UME-SML signale systématiquement ces dérives à l’Ordre et au procureur.

Questions fréquentes

Un médecin généraliste peut-il faire de la médecine esthétique ?

Oui, à condition d’être formé. Aucune spécialité n’est exigée, mais le médecin doit être qualifié et compétent (DIU/DU, DPC).

Une esthéticienne peut-elle faire des peelings ou des injections ?

Non pour les actes médicaux. Les esthéticiennes ne peuvent réaliser ni injections, ni peelings médicaux, ni lasers à visée médicale.

Faut-il un diplôme obligatoire pour exercer ?

Il n’existe pas de diplôme unique obligatoire, mais le médecin doit se former (DIU/DU de médecine esthétique, DPC) pour pratiquer dans les règles de l’art.

Sources : Assurance Maladie (ameli.fr) · Code de la santé publique, art. L.4161-1, L.4161-5 et R.4127-70 (Légifrance) · Conseil National de l’Ordre des Médecins · PLFSS 2026 (version adoptée par le Sénat).

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Cet article est fourni à titre informatif (à jour : juin 2026) et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou médical individuel. Le cadre applicable est susceptible d’évoluer.